TON fils, TA fille ne fait pas comme il faut !

Chaque parent connaît ça, vous êtes en famille et votre enfant n’est pas d’accord avec le programme ou le menu proposé. Et vous avez le droit à « de mon temps… », « si j’étais toi… », « il te teste… », «tu devrais avoir plus d’autorité… »… Bref toutes les petites phrases pas toujours sympathiques que tout parent à entendu au moins une fois.
 Et puis des fois c’est aussi le co-parent qui s’y met ! Et là on a le droit à « TON fils », « TA fille ». Comme si vous étiez l’unique responsable des « bêtises » faites. Ben oui, forcément c’est de votre faute car chez eux ils sont parfaits, jamais il n’aurait eu cette attitude.

Alors j’ai envie de répondre « lâcher la grappe des parents ! ». Parce que oui, personne n’est parfait, même nos charmantes petites têtes blondes et les parents font ce qu’ils peuvent !
Et surtout, la plupart du temps les remarques sont dépassées ! Maintenant avec toutes les avancées des neurosciences, il n’est plus possible de croire qu’un enfant doit répondre au doigt et à l’œil aux attentes de l’entourage qui pense avoir à faire à un mini-adulte. Enfin on peut encore le croire, mais on sait maintenant que ce n’est pas le mieux pour un développement cérébral optimal.

Comprendre le développement cérébral de votre enfant


Déjà il faut savoir que le cerveau de votre enfant ne sera mature qu’à 25 ans. Oui ce n’est pas une faute de frappe, 25 ans ! Donc il faut arrêter de lui demander d’être raisonnable à 3 ans. 
Grossièrement, nous pourrions dire que le cerveau se développe en 3 parties. On trouve le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le néocortex. 

Le cerveau reptilien

A la naissance, le bébé a un cerveau reptilien bien actif ! Il ne comprend pas tout ce qui lui arrive et lance régulièrement l’alerte car il se sent en danger. Quand il a faim, cela lui fait très mal au ventre et il n’est pas capable de se dire « ha tien… j’ai faim,  … je vais prévenir maman et elle va venir dès qu’elle aura fini d’étendre le linge, je peux patienter ». Non, votre bébé va plutôt penser « c’est quoi ce mal au ventre, AIE j’ai mal, j’ai très mal, vite au secours ! » Il n’attend pas d’explication, il s’attend à être rassuré, entendu dans sa plainte et aussi qu’on soulage sa plainte. Il n’a aucune notion du temps. Il commencera à comprendre la différence entre « hier » et « aujourd’hui » que vers  4 ans. Alors les conseils du style « laisse le pleurer un peu ça il va apprendre à patienter », en fait non, il va juste apprendre qu’il n’y a personne pour lui quand il a besoin. 

Le cerveau limbique


Il y a ensuite le cerveau limbique, c’est celui des émotions. Il est immature à la naissance mais fonctionne déjà. Il va se développer jusqu’à l’âge de 7 ans environ et ce n’est que vers 4-5 ans que l’enfant va comprendre les enjeux émotionnels. Alors quand votre grand-tante vous dit qu’il vous teste parce qu’il ne veut pas de sa purée de carotte à 8 mois… Ben c’est juste qu’il n’en veut pas aujourd’hui ! Il ne sera pas non plus en mesure d’avoir un raisonnement complexe. Donc pas la peine de lui expliquer le coût de la vie et le nombre d’heures de travail que nécessitent les fameuses carottes pour lui faire comprendre que vous n’avez pas envie que ça finisse à la poubelle.

Le néocortex


Ce n’est qu’à partir de 7 ans, l’âge de raison, que le néocortex va commencer à entrer en jeu. Mais attention, il ne sera mature que vers 25 ans, donc là aussi, on ne s’attend pas à une grande compréhension de nos problèmes de grands de la part de nos enfants. C’est-à-dire qu’à 8 ans, il est inutile de demander à un enfant de surveiller son petit frère de 4 ans qui fait de la draisienne dans la rue. Il ne sera pas en mesure de connaître toutes les causes et conséquences de chute, d’éloignement, anticiper la conduite des voitures… 
Et à l’adolescence, c’est le remaniement total ! Alors là aussi, ce n’est pas que votre ado comprend rien (encore que…) mais il y a déjà pas mal de chose à mettre en ordre là-haut avec une intensification des émotions. Donc oui, il faut lui réexpliquer que si vous lui dîtes que le repas sera prêt dans 30 minutes, ça suppose qu’il faut mettre la table un peu avant.


Et la personnalité de l’enfant joue aussi !


Le développement cérébral est quasiment le même pour chacun, mais ce qu’on en fait est bien différent. D’ailleurs on le voit chez les adultes de notre entourage alors pourquoi pas chez les enfants ?
Nos enfants ne sont pas nos clones, alors peut-être que ses grands-parents ne comprennent pas pourquoi votre fils peut rester des heures à regarder les déplacements de fourmis alors que vous vouliez toujours faire du toboggan au parc. Ben en fait, chacun sont truc ! Lui c’est observer. Vous c’était courir et faire des glissades. Et ce n’est pas évident pour nous parents. Nous aimerions que nos enfants nous ressemblent ou en tout cas prennent nos côtés qui nous rendent fières. Mais c’est l’avantage de les aider à grandir en fonction de leurs capacités cérébrales. Nous leur permettons de se développer et de trouver leurs centres d’intérêt dans le respect et la bienveillance. Alors s’ils se sentent suffisamment en confiance et écouter, nos enfants vont pouvoir exprimer librement leurs talents, leurs envies. Et ils sont eux-mêmes bien plus rapidement que nous ! Bravo de leur éviter une longue recherche de leur personnalité profonde, comme nous faisons actuellement. Il n’y a qu’à voir le nombre de gens qui se réorientent professionnellement, qui font appel à des thérapeutes pour trouver leur voie… 


Alors soyez fière de votre enfant qui ne respecte pas les codes ! Soyez fière de vous, de lui permettre de s’exprimer librement et de l’aider à devenir lui-même !

Et si vous avez envie d'en parler, prenons rendez-vous !

Et pour aller plus loin, je vous conseille plusieurs livres :

Le cerveau de votre enfant du Dr Daniel J.Siegel et Tina Payne

Pour une enfance heureuse du Dr Catherine Gueguen

La sécurité émotionnelle de l'enfant du Dr Anne Raynaud