Cette fois c'est sûr, j'arrête !

Cessation d'activité en décembre 2026

J'ai cru que je pourrais vivre de ce métier

 

Cela faisait déjà longtemps que je voulais changer de mon métier d'infirmière. Déjà en 2015/2016 j'avais fait un bilan de compétences et voulais me réorienter vers la sophrologie. Je ne voulais plus être du côté du soin mais de la prévention.

J'ai vraiment sauté le pas en 2021. J'ai quitté l'hôpital, j'ai fait des remplacements d'infirmière libérale pour avoir le temps de me former au métier d'accompagnante en périnatalité et parentalité. Je rentrais dans le monde de l'entreprenariat. Et je faisais un métier qui me passionnait.

Cette passion pour le monde de la naissance et de la parentalité, m'a conduit à donner beaucoup. Beaucoup trop ! J'ai aussi beaucoup reçu, mais pas assez pour en vivre.

 

Je pensais qu'être aussi infirmière serait une aide 

 

Je pensais que mon expérience d'infirmière allait m'aider pour ce travail. Alors pour moi, oui clairement ! Je comprends beaucoup mieux les enjeux du monde hospitaliers, les risques encourus, le vocabulaire médical... De mon point de vue, c'est un vrai plus. Mais de mon point de vue seulement. 

Pour les autres doulas, soit je leur faisais peur, elles pensaient que j'allais leur prendre la clientèle parce que j'avais un diplôme et une expérience en temps que soignante. Pour d'autres, je n'avais rien à faire dans ce milieu car je faisais partie des services médicaux maltraitants avec les femmes et les bébés. La bienveillance est sûrement le mot que l'on voit le plus sur les sites des doulas, mais dans les faits, c'est pas toujours ce qui ressortait quand je rencontrais des consœurs !
Pourtant j'en ai aidé plus d'une dans son business ! Beaucoup ont recopié mes conditions générales de ventes rédigées par un avocat pour une belle somme. Certaines m'ont avoué les avoir prises, d'autres en revanche les utilisent sans avoir déboursé un centimes ni m'avoir prévenu de l'économie que je leur avais fait gagner.

Pour les professionnel·le·s de santé, là aussi c'est très mitigé. Il y a ceux qui sont contents de voir que j'ai une formation paramédicale et que je ne suis pas hostile à leurs pratiques, qui m'accueillent à bras ouverts à l'hôpital et je leur en suis très reconnaissante. J'ai vraiment de bons souvenirs avec elles ! 
Et puis il y a les autres, les sage-femmes qui pensent que je viens prendre leur travail, les anciennes collègues qui pensent que j'ai "trahi" en démissionnant de l'hôpital...

 

Heureusement, pour adourcir tout ça, il y avait les familles qui me faisaient confiance, qui appréciaient ma double casquette, ma franchise sur le monde médical et mon expertise pour leur rappeler que des fois, la physiologie ça fait pas tout. Merci à vous qui m'avaient ouvert vos portes !

 

Doula c'est un métier, pas du bénévolat

 

Il y a énormément de parents qui ont compris que mes services étaient payants et merci à eux ! Certains trouvaient même que je ne demandais pas assez par rapport à ce qu'il avait reçu et me faisait une rallonge sur les factures. Merci à la maman de G, les grands-parents de C, les parents de M. 

Merci aussi à tous ceux qui m'ont d'emblée proposé de boire quelque chose ! C'est les meilleurs cafés que j'aurai bu ces dernières années ! Là je ne peux pas tous vous citer parce qu'heureusement vous avez été très nombreux ! Signe que l'accueil est une belle valeur partagée par un grand nombre.

Et puis il y a tous ceux à qui j'ai répondu, gratuitement, le soir, le week-end et les jours fériés. Des heures au téléphone, par message, par mail. Du temps donné pour vous. Mais ce temps augmente de plus en plus. Vous voulez de plus en plus de conseils et de moins en moins payer pour ça. 
Alors souvent j'avais quand même un "merci". Mais ça ne paie pas mon loyer, ça me prend du temps sur ma vie de famille, sur mon temps de repos. 
C'est pas une situation équitable ni confortable, alors ça abîme la passion pour ce métier, ça laisse un goût amer dans les accompagnements de ne pas être reconnue à sa juste valeur. Cela augmente le stress pour savoir comment payer les factures, parce que ce temps que je donne n'est du coup pas donné pour ceux qui paient.
Peut-être que vous trouvez que je suis dure de dire ça, mais c'est une réalité. Quand la personne qui vous appelle vous parle de ses prochaines vacances alors que vous n'avez pas pris une semaine depuis 2021 pour pouvoir répondre à des gens comme elle, gratuitement, forcément, ça irrite un chouilla.

 

Je retourne à mon métier d'infirmière

 

Depuis le mois de mars, j'ai repris un travail infirmier. Je pensais qu'avec un diplôme datant de 2002 personne ne voudrait plus m'embaucher, mais c'est le contraire ! Je m'aperçois que des profils comme le mien sont recherchés. 
Et je suis toujours dans l'accompagnement des familles en travaillant dans le médico-social. Mais là, je suis payée pour ça, j'ai des jours de repos identifiés. Et mon taux de cortisol est redescendu, vous pouvez pas savoir le bien que ça me fait !
Au moins la situation est honnête et beaucoup plus saine.

Ma fille est en instruction en famille à compter de la rentrée de septembre, elle aura besoin d'aide pour suivre ses cours et réussir son bac.
Et j'ai mon chien, adopté à la SPA en mars dernier, qui a besoin de nous pour l'aider à comprendre le monde urbain qui l'entoure.

 

Je choisis le métier le plus rentable, tant financièrement que sur mon état de fatigue et ma disponibilité pour ma famille. Et clairement, c'est pas le métier de doula !

 

Je retournerai peut-être au métier de doula plus tard, peut-être aussi que je reprendrai le bénévolat dans ce domaine, un vrai clairement établi dès le départ et pas un défaut de paiement.

 

Merci à tous ceux qui auront été honnêtes avec moi durant ces 4 années

 

 

Août 2026